À propos de nous

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed doe eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua. Ut enim ad minim veniam, quis nostrud exercitation ullamco

Le Japon et le Groupe de la Banque africaine de développement renforcent leur partenariat pour stimuler l’investissement privé en Afrique

Japan and African Development Bank deepen partnership to boost private investment in Africa
31Dec2025

Le Japon et le Groupe de la Banque africaine de développement ont renforcé davantage leur partenariat lors des Market Days 2025 du Forum africain de l’investissement (Africa Investment Forum, AIF) qui se sont déroulées du 26 au 28 novembre 2025 à Rabat, au Maroc. Les deux parties ont annoncé de nouveaux engagements dans le cadre de l’initiative de Renforcement de l’assistance au secteur privé pour l’Afrique (EPSA, sigle en anglais pour Enhanced Private Sector Assistance for Africa), afin de mobiliser des capitaux privés pour appuyer la croissance économique du continent.

Lors d’un événement intitulé, « Japan Special Room », des start-up, des sociétés de négoce, des institutions financières et des partenaires de développement ont participé à deux sessions de haut niveau consacrées à la mobilisation des capitaux privés et à l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales.

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, a souligné le rôle du partenariat Japon–Afrique dans la réduction du déficit de financement du continent. « L’Afrique connaît une croissance très rapide et son potentiel est immense. Mais pour libérer ce potentiel, il faut à la fois des partenariats et des mécanismes de financement innovants », a-t-il souligné, citant des projets tels que la centrale géothermique de Menengai au Kenya (35 mégawatts), développée avec Toyota Tsusho et Fuji Electric et le Programme de croissance agricole de la Côte d’Ivoire, mis en œuvre par NEC Corporation, tous deux financés avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement. 

« Ce sont des démonstrations concrètes de ce qui est possible lorsque nous combinons les opportunités de l’Afrique, les atouts du Japon et le financement catalytique de la Banque africaine de développement », a ajouté Dr Ould Tah.

L’initiative EPSA qui est actuellement dans sa cinquième phase, est en bonne voie pour atteindre son objectif de cinq milliards de dollars en 2025, tandis que l’EPSA 6 vise à porter les engagements à 5,5 milliards de dollars sur la période 2026–2028, a déclaré le directeur général adjoint de l’Agence japonaise de coopération internationale (ICA), Shigeo Honzu,. Il a également présenté une nouvelle initiative japonaise intitulée, « Investissement à impact pour le développement de l'Afrique émergente (Impact Investing for Development of Emerging Africa, en anglais), mise en place dans le cadre de la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD 9) qui vise à mobiliser 1,5 milliard de dollars afin de promouvoir l’inclusion financière, la croissance verte, la sécurité alimentaire et la santé.

Le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA), soutenu par le Japon et géré par le Groupe de la Banque, destiné à fournir une assistance technique afin de réduire les risques des projets pour le financement commercial, a permis de générer des transactions de 30 milliards de dollars, a déclaré Hassatou N’Sele, vice-présidente chargée des Finances et Chief Financial Officer du Groupe de la Banque africaine de développement. Les projets soutenus par le FAPA ont libéré un potentiel d’investissement compris entre 500 millions et un milliard de dollars, tandis que des programmes au niveau des entreprises ont soutenu plus de 200 sociétés et formé 15 000 personnes.

« Pour les entreprises japonaises qui envisagent une expansion en Afrique, le FAPA est un outil pratique et puissant. Le Japon reste pleinement engagé à soutenir l’expansion des entreprises et à contribuer à la croissance durable de l’Afrique », a déclaré Minoru Hasegawa, responsable au ministère japonais des Finances.

Il a souligné que l’expérience et le savoir-faire du Japon peuvent être adaptés aux priorités africaines. « L’intégration des industries africaines dans les chaînes de valeur mondiales est essentielle pour la croissance à long terme du continent et pour le développement sain de l’économie mondiale », a-t-il souligné.

La première session a présenté des entreprises japonaises innovantes qui proposent des solutions transformatrices en Afrique. Il s’agit notamment des solutions d’agriculture numérique proposées par l’entreprise NEC Corporation en Côte d’Ivoire, des services de santé maternelle basés sur l’intelligence artificielle (IA) de l’entreprise SOIK, des drones et applications d’IA de SORA Technology pour l’agriculture et la santé, ainsi que des initiatives de Double Feather Partners et Space Shift qui utilisent l’IA pour réduire les risques d’investissement.

Un second panel de haut niveau a examiné le cofinancement, le rehaussement de crédit et le financement mixte afin d’accélérer l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales, en mettant l’accent sur les infrastructures, les minerais critiques et l’agriculture. 

Des dirigeants de grandes banques et institutions japonaises ont partagé leurs expériences dans la mobilisation de milliards de dollars pour des projets africains grâce à des mécanismes d’atténuation des risques, de crédit à l’exportation et de financement mixte. Parmi eux figuraient Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), Sumitomo Mitsui Banking Corporation (SMBC), Nippon Export and Investment Insurance (NEXI) et la Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC).

Le directeur général senior à la NEXI, Yuichiro Akita, a souligné le rôle croissant de l’assurance contre les risques politiques et du crédit à l’exportation dans le soutien aux investissements japonais dans les secteurs des minerais et des infrastructures en Afrique. Il a noté que les gouvernements africains sont de plus en plus « ouverts aux partenariats étrangers », non seulement dans l’extraction des ressources, mais aussi dans les infrastructures connexes telles que les ports, les chemins de fer et les corridors commerciaux.

« L’ampleur et les risques sont trop importants pour qu’une seule institution puisse les assumer. La collaboration est indispensable », a souligné M. Akita, citant des projets soutenus par la NEXI à Madagascar, dans le corridor de Nacala au Mozambique, ainsi que dans les opérations portuaires en Namibie et en Angola.

La vice-présidente  de l’Africa Coverage & Blended Finance de MUFG, Raisa Béliard, a indiqué que le financement mixte et les structures assorties de rehaussement de crédit deviennent essentiels pour mobiliser des capitaux à grande échelle en Afrique, en particulier dans le secteur des infrastructures. Elle a évoqué l’implication active de MUFG, aux côtés du Fonds vert pour le climat, dans des plateformes innovantes de financement climatique, notamment le GAIA Climate Loan Fund et la Green Guarantee Company.

La directrice générale et responsable du Groupe Afrique de la SMBC, Nisrin Abouelezz, a expliqué que les banques japonaises mettaient à profit leur expérience en matière d’émission obligataire et de financement du commerce pour renforcer la coopération avec les pays africains et les institutions multilatérales. La SMBC a structuré des obligations Samurai, des facilités syndiquées et des instruments mixtes soutenus par la JICA pour l’Égypte, la Côte d’Ivoire et Afreximbank. « Au cours des trois à quatre dernières années seulement, nous avons mobilisé environ trois milliards de dollars auprès d’investisseurs japonais y compris des investisseurs particuliers vers des instruments africains », a déclaré Mme Abouelezz, ajoutant que les flux liés au Japon via la SMBC dépassent désormais les dix milliards de dollars.

Le directeur du Département du développement du secteur financier à la Banque africaine de développement, Ahmed Rashad Attout, a salué le soutien de longue date du Japon à travers le FAPA ainsi que ses contributions au Fonds africain de développement. Il a souligné l’utilisation croissante par la Banque des garanties partielles de crédit, qui ont soutenu plus de quatre milliards de dollars d’obligations et de prêts liés à la durabilité pour le Bénin, la Côte d’Ivoire, l’Égypte et le Togo, ainsi que les efforts visant à ancrer des émissions obligataires en monnaie locale par des banques commerciales africaines au profit des PME, des entreprises dirigées par des femmes, des agriculteurs et des jeunes.

Il a toutefois averti que la finance seule ne peut pas assurer la transformation structurelle. « Sans l’État de droit, des régulateurs solides et des cadres de politiques publiques sains, il n’y a pas d’investissement durable. Le capital doit avancer de concert avec les réformes des politiques », a souligné M. Attout.

Le directeur exécutif principal et responsable mondial du « Energy and Natural Resources Finance Group »  à la JBIC, Tatsushi Amano, a insisté sur la nécessité d’intégrer l’Afrique dans les chaînes d’approvisionnement à travers des industries à forte valeur ajoutée. Pour favoriser la création de valeur ajoutée en Afrique, le développement des infrastructures et les gains d’efficacité grâce à l’introduction de technologies sont essentiels, et la JBIC est prête à soutenir ces efforts, a-t-il déclaré.

Shoichi Suzuki, directeur principal à la Japan Overseas Infrastructure Investment Corporation for Transport & Urban Development (JOIN), a souligné le rôle de son institution dans l’accompagnement des entreprises japonaises dans des projets d’infrastructures à l’étranger, grâce à une combinaison de prises de participation et d’un appui opérationnel, tout en présentant le bilan d’investissement de JOIN, son orientation vers divers secteurs d’infrastructures et les principaux critères guidant ses décisions d’investissement.

Le directeur du financement ECA à la Mizuho Bank, Guido Cicolani, a montré que la collaboration avec d’autres institutions financières permettait à Mizuho Bank d’offrir des services financiers complets sur les marchés africains. En s’appuyant sur son réseau mondial et son expertise en finance structurée, Mizuho Bank veut compléter ses produits de crédit par des analyses financières et un vaste réseau d’information afin de soutenir une croissance durable sur l’ensemble du continent.

Le fondateur et directeur des investissements de &Capital, Akira Satoh, a souligné qu’en collaborant et en tenant compte de la compatibilité mutuelle, les entreprises japonaises et africaines peuvent intégrer des start-up africaines dans les chaînes de valeur mondiales, afin de potentiellement renforcer la valeur des entreprises.

Le vice-président de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, de l’Infrastructure et de l’Industrialisation, Solomon Quaynor, a souligné l’attrait de l’Afrique en tant que destination d’investissement, porté par une croissance économique rapide, un marché de consommation jeune, de vastes terres arables et des réserves de minerais critiques essentielles à la transition énergétique mondiale. « L’Afrique a besoin d’investissements massifs, au moins 1 300 milliards de dollars par an pour s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales. La Banque africaine de développement travaillera en partenariat pour mobiliser les capitaux et créer un environnement propice à une croissance durable », a-t-il déclaré.

« La session d’aujourd’hui a réaffirmé notre engagement à libérer le potentiel de l’Afrique par des actions concrètes et des partenariats. Guidés par les principes fondamentaux de la TICAD, appropriation africaine, partenariat international et ouverture, nous continuerons à soutenir les pays africains sur la voie du développement durable », a souligné à la clôture de l’événement, Yasuo Takamura, chef du Bureau de soutien à l’investissement des entreprises mondiales (GBIS) au Secrétariat du Cabinet,  l'agence centrale du gouvernement japonais.

Les discussions ont montré une forte confiance dans les perspectives d’investissement en Afrique. Avec le renforcement de la collaboration entre le Japon et le Groupe de la Banque africaine de développement, les parties prenantes ont convenu que ce partenariat est bien placé pour mobiliser davantage de capitaux privés et faire progresser l’intégration de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales. Le « Japan Special Room » a réaffirmé cet engagement commun à amplifier l’impact et à soutenir la prochaine phase de croissance du continent, marquant une conclusion résolument tournée vers l’avenir de l’AIF 2025.

Légendes : La première session - La deuxième session.

© 2025 Africa Investment Forum. Conditions générales